Certains apiculteurs sont sinistrés, à cause d'une mortalité "anormale" de leurs abeilles cet hiver. Leurs représentants ont été reçus à l'Élysée mardi 19 juin.

Des représentants des apiculteurs reçus mardi à l'Elysée ont insisté sur leur demande d'aides d'urgence, après un hiver qui a vu une mortalité "anormale" des abeilles, ont-ils indiqué à l'issue de la rencontre.

"Concrètement, (nous demandons) une aide d'urgence pour les apiculteurs sinistrés", a indiqué à l'AFP Loïc Leray, vice-président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), notant que cette demande se heurtait toujours aux dossiers réclamés pour faire la "preuve des mortalités" des pollinisatrices.


Des besoins difficiles à chiffrer

Mais il a expliqué n'être pas en mesure à ce stade de chiffrer le montant global de cette aide d'urgence, faute de données complètes sur la mortalité et le nombre d'apiculteurs touchés. "Il y a un gros dysfonctionnement au ministère de l'Agriculture pour faire remonter les pertes hivernales", a-t-il dénoncé, alors que le ministère s'est engagé la semaine dernière à "établir un état des lieux précis des mortalités sur l'ensemble du territoire".

Dans tous les cas, "dans l'apiculture, ce ne sont pas de gros chiffres d'affaire, donc pour que les apiculteurs sortent la tête de l'eau, ce ne serait pas des montants très importants", a commenté José Nadan, de la Fédération française des apiculteurs professionnels, évoquant 200 euros de perte de capital pour une ruche décimée, en plus de la perte de chiffre d'affaires.

"Il n'y en a pas pour des dizaines de millions d'euros, ce n'est pas si important par rapport aux aides octroyées à d'autres filières agricoles assez régulièrement", a-t-il ajouté à l'issue de cette rencontre avec Audrey Bourolleau, conseillère agriculture d'Emmanuel Macron. Les deux représentants ont décrit une écoute plus "attentive" de sa part que du ministère de l'Agriculture.

 

La faute au néonicotinoïdes?

Selon l'Unaf, depuis plusieurs années, les apiculteurs subissent des pertes moyennes de 30% de leurs cheptels en hiver et ces chiffres ont augmenté cette année.

Dans leur ligne de mire, les néonicotinoïdes. Ces insecticides utilisés pour enrober des semences s'attaquent au système nerveux des insectes, désorientent et affaiblissent les abeilles et autres pollinisateurs. Avant l'introduction dans les champs de ces substances au milieu des années 1990, les mortalités d'abeilles n'étaient que de l'ordre de 5%, selon l'Unaf.

J.-C.C. avec AFP

Les cueilleurs d'essaims

 

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