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Après la saison 2021 qui restera dans les mémoires comme une année désastreuse, les apiculteurs espéraient une année favorable. C’était sans compter avec la sécheresse exceptionnelle qui a perduré durant de très long mois dans la plupart des régions de France. Jamais les récoltes n’ont été aussi hétéroclites avec des grandes zones où la production a été plus que médiocre et d’autres ou les apiculteurs ont réussi de belles miellées. Les régions du Sud de la Loire sont celles qui ont le plus souffert du changement climatique.

L’hiver 2021/2022 a été relativement doux sur l’ensemble du territoire et dès les premiers beaux jours, les colonies d’abeilles ont repris leur activité. Les apiculteurs se sont alors réjouis d’une bonne sortie d’hivernage laissant pressentir une très belle année.

Bénéficiant de températures clémentes, les abeilles ont pu bénéficier des floraisons
printanières hormis dans le Sud Est où un déficit hydrique était déjà ressenti et ce, depuis le début de l’hiver.

Les récoltes de colza et de fleurs de printemps se sont donc révélées plutôt bonnes dans la plupart des régions. En revanche, celles d’acacia, furent soit excellentes comme c’est le cas par exemple en Bourgogne ou en Ile de France soit inexistantes comme dans le Sud-Ouest où les floraisons ont été anéanties, parfois pour la troisième année consécutive, par les gelées tardives.

Dans le Sud confronté très tôt au manque de pluie, les récoltes précoces de romarin, thym, ou garrigue, ont été plus que médiocres.
Dès le mois de mai et pour de longs mois, la sécheresse sévissait quasiment sur
l’ensemble du territoire.

Dans le Sud Est, hormis dans quelques rares secteurs favorisés, la récolte de miel de lavande a été très décevante.

Les récoltes de miel de châtaignier sont, elles, partout, médiocres. En montagne certains massifs ont été favorables mais dans les zones où la végétation a souffert du manque d’eau et des jours de canicule, les miellées se sont avérées, elles aussi, globalement mauvaises.

Comme dans l’Est, où celles de miel de forêt ou de sapin sont trop souvent faibles.
La récolte de tournesol varie selon les bassins mais reste encore décevante.

En revanche, dans les zones de luzerne ou de sainfoin, plantes qui résistent bien aux rigueurs du climat, les apiculteurs ont pu effectuer de très belles récoltes.

Dans le Sud-Ouest, dans les Landes notamment ou les apiculteurs ont été confrontés aux incendies, les miellées de bourdaine et de bruyère ont été inexistantes.

En Bretagne et dans le Bassin parisien, les apiculteurs semblent plutôt satisfaits de leur saison même si en été la végétation a souffert.

Le bouleversement climatique, ressenti par les apiculteurs depuis une bonne
quinzaine d’années, est bien là
. Les floraisons sont de plus en plus précoces et
rapides. Confrontés à une sécheresse persistante, dès le mois de juillet, dans beaucoup d’endroits, la saison est alors terminée alors qu’auparavant elle s’étalait sur plusieurs semaines en été.

Pour les apiculteurs, les récoltes n’ont jamais été aussi aléatoires alors que les abeilles demandent un soin de tous les instants.

En raison du manque d’apport de nectar qui a engendré des réserves plus que réduites pour l’hivernage et de la prédation conjuguée du frelon asiatique et du frelon européen très présents cette année, de nombreux apiculteurs, malgré toute leur attention, sont inquiets et se demandent si leur cheptel parviendra à survivre à l’hiver dans de bonnes conditions.

En espérant que les pluies automnales et hivernales, réapprovisionnent les nappes
phréatiques !

Pour Christian Pons, le président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française : « Compte tenu des informations qui nous sont communiquées par nos syndicats départementaux et nos différents contacts sur le terrain, on peut raisonnablement estimer que la récolte de miel 2022 en France s’élève entre 12 et 14 000 tonnes supérieures à celle de 2021 en raison des bonnes récoltes de printemps mais très inférieure à celle de 2020. Dès le mois de juillet, compte tenu de la situation dramatique de l’apiculture française, l’UNAF a alerté les services de l’Etat pour que soit mis en œuvre les calamités agricoles de manière à aider les apiculteurs à passer ce cap difficile. Plus que jamais, les abeilles et l’apiculture sont confrontées à de multiples défis ».

L’ensemble de ces problématiques sera abordé par des scientifiques internationaux éminents lors du Congrès Européen de l’Apiculture Beecome 2022 qui se déroule à Quimper du 20 au 23 octobre.

L’estimation de l’UNAF est effectuée à partir des éléments fournis par nos syndicats
départementaux et les membres du CA répartis sur le territoire national. Nous croisons également ces éléments avec ceux des négociants conditionneurs avec qui nous sommes en relation. Nous tenons également compte des chiffres de la consommation française (40 000 tonnes environ) des importations (plus de 30 000 tonnes) et des exportations qui, elles, restent très faibles. Il s’agit donc d’une fourchette et non d’un bilan à la tonne près qui serait irréaliste. Ainsi élaborée, cette
estimation s’avère année après année, pertinente et cohérente, en adéquation avec la réalité de la production française de miel.

Les cueilleurs d'essaims

 

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